Quatre grandes associations caritatives
françaises ont appelé vendredi les chefs d'Etat européens à "ne pas
abandonner les plus pauvres" de l'Union, réitérant leur prédiction
d'"une catastrophe humanitaire" à venir après le refus d'une minorité
d'Etats de maintenir l'aide européenne aux banques alimentaires. Six Etats, dont l'Allemagne et la Suède, ont bloqué jeudi le maintien du Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD), qui permet de financer l'aide alimentaire.
Il devrait donc fondre de 80% en 2012, à 113
millions d'euros contre 480 millions prévu initialement, et risque de
disparaître en 2013. Dans une "lettre ouverte aux chefs d'Etat et de
gouvernement européens", les Restos du Coeur, la Croix-Rouge française,
la Fédération des banques alimentaires et le Secours populaire français
évoquent une "décision incompréhensible pour l'opinion publique,
habituée à un fonctionnement démocratique de la vie politique depuis des
décennies". C'est pour elles "le désaveu d'un des principes
fondateurs de l'Europe, visant à assurer la sécurité et l'autosuffisance
alimentaire de tous, et en particulier des plus démunis". "L'Europe
ne peut pas laisser de côté" les millions d'Européens concernés par
l'aide alimentaire et, "au-delà, les 80 millions de citoyens européens
les plus fragiles: une catastrophe humanitaire est désormais à craindre
sur notre continent", prédisent les associations. Elles "appellent
solennellement" chefs d'Etat et de gouvernement européens à "ne pas
abandonner les plus pauvres dans cette période de crise et, au-delà, à
mobiliser toute (leur) énergie pour prolonger un soutien efficace de
l'Union européenne à sa population la plus démunie". Créé en 1987
dans le cadre de la politique agricole commune (PAC), le PEAD permet
d?apporter une aide alimentaire à plus de 13 millions de personnes dans
19 des 27 Etats membres de l'Union européenne. En France, où le PEAD
représente 23 à 55% des denrées collectées par les associations
françaises, le budget devrait fondre à 15 millions d'euros, contre 78
millions précédemment. La Croix-Rouge estime que 130 millions des 440
millions de repas actuellement distribués ne pourraient plus l'être dès
2012. Source www.leparisien.fr |




